Physique

Physique quantiquePhysique

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Mathématiques, logiques

 

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Jacques Riguet

Jacques Riguet, mathématicien, philosophe, a travaillé avec Lacan, de 1954 à 1958, notamment sur la formalisation du “Séminaire sur ‘La lettre volée’ ”. Il a assisté au Séminaire de Lacan, et a participé notamment au  Séminaire II, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse

 

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math_entrelacsTopologie

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14-06_maths_jacques_roubaud_videoJacques Roubaudpoète, mathématicien, oulipien, répond aux questions de Stéphane Dugowson, parmi lesquelles celle sur son (très très petit) livre « Ma vie avec le Docteur Lacan ». Video parue sur le site “CLE” (Catégories, Logique, Etc.)

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pierre_ochakPierre Lochak : Un entretien avec Étienne Klein, “Sait-on ce que sont les mathématiques ?”, dans l’émission “La conversation scientifique” sur France-Culture, le 4 juillet 2015. À propos de son ouvrage Mathématiques et finitude (Éditions Kimé, Paris, 2005).

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grothendieckAlexandre Grothendieck :

Promenade à travers une œuvre
ou L’enfant et la Mère

Janvier 1986


[Le début du texte] : “Quand j´étais gosse, j’aimais bien aller à l´école. On avait le même maître pour nous enseigner à lire et à écrire, le calcul, le chant (il jouait d’un petit violon pour nous accompagner), ou les hommes préhistoriques et la découverte du feu. Je ne me rappelle pas qu’on se soit jamais ennuyé à l’école, à ce moment. Il y avait la magie des nombres, et celle des mots, des signes et des sons. Celle de la rime aussi, dans les chansons ou dans les petits poèmes. Il semblait y avoir dans la rime un mystère au delà des mots (…)”
[Et la fin] : (…) “Cette ‘propension’, ou cette attitude intérieure, n’est pas le privilège d’une maturité, mais bien celui de l’enfance. C’est un don reçu en naissant, en même temps que la vie — un don humble et redoutable. Un don souvent enfoui profond, que certains ont su conserver tant soit peu, ou retrouver peut-être. . .

On peut l’appeler aussi le don de solitude.”

Télécharger le texte

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Guilbaud 300pxGeorges Théodule Guilbaud : “Mathématique sociale”. Un entretien à l’EHESS La mathématique sociale tantôt jette un éclair structurant sur les manifestations du social, démographiques, linguistiques ou praxéologiques, tantôt y puise pour elle des problématiques nouvelles. Lors de cet entretien, Guilbaud dit son enthousiasme pour l’à-peu-près, sur lequel il a écrit un livre, « Leçons d’à-peu-près » (Christian Bourgois éditeur),et avance que « Quand ça ne tombe pas juste, il ne faut pas être triste ! » Il a collaboré avec Claude Levi-Strauss, Jacques Lacan et Iannis Xenakis. Lacan parle de G. T. Guilbaud dans son Séminaire …ou pire lorsqu’il produit pour la première fois dans son enseignement le nœud borroméen.

Voir la vidéo

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Économie, numérisation

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Petite bibliographie :

  • Alain Desrosières, La politique des grands nombres, histoire de la raison statistique, La découverte, Paris, 2000.
  • Jacques-Alain Miller, “L’ère de l’homme sans qualité”, La Cause freudienne n°57, juin 2004.
  • Yann-Moulier-Boutang, « Qui a peur de l’économie ? », entretien avec Éric Laurent et Gilles Chatenay, La Cause freudienne n°59, février 2005 et 60, juin 2005.
  • Jacques-Alain Miller, Éric Laurent et Gilles Chatenay, “Numérique et biopouvoir. Le calcul du meilleur : alerte au tsunami numérique”, entretien avec Yann Moulier-Boutang, Multitudes n°21, 2005.
  • André Orléan, L’empire de la valeur. Refonder l’économie, Seuil, 2011.
  • Anna Mirabile (sous la direction de), De l’argent. Actes du Colloque Collège des humanités 2013, L’œil du souffleur éditeur, Massat, 2014.

 

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Autres textes de psychanalyse, politique, société, sciences, mathématiques etc.

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Psychanalyse

14-06_video_jam_seminaire_V• Video : Jacques-Alain Miller présente le Séminaire V « Les formations de l’inconscient », de Jacques Lacan. Conférence donnée à l’occasion de la publication du séminaire 5 de Jacques Lacan, dans le cadre de l’Institut d’Études Doctorales (IED) de l’ Université Toulouse II-Le Mirail, juin (?) 1999.

“L’inconscient et le corps parlant”, conférence de Jacques-Alain Miller pour le Congrès 2016 de l’AMP à Rio.

« Les labyrinthes de l’amour », un texte de Jacques-Alain Miller.

Le Cours de Jacques-Alain Miller du 24 juin 2017, “L’orientation lacanienne : Cours-Séminaire de l’ABC” sur Lacan TV

« Introduction à la lecture du Séminaire X de Lacanb, L’angoisse” – première partie, par Jacques-Alain Miller (paru dans La Cause freudienne n°58, octobre 2004) .

“Introduction à la lecture du Séminaire X de Lacan, L’angoisse” – deuxième partie, par Jacques-Alain Miller (paru dans La Cause freudienne n°59, février 2005).

“L’à-peu-près de la vie”, un texte de Philippe La Sagna sur le maniement souple du transfert.

Autisme

• Quand des autistes (ou leurs amis) écrivent (ou filment)

• Autisme et psychanalyse

L’ affinity therapy

L’expérimentation institutionnelle d’ABA en France : une sévère désillusion (I), par Jean-Claude Maleval et Michel Grollier

• L’expérimentation institutionnelle d’ABA en France : une sévère désillusion (II), par Jean-Claude Maleval et Michel Grollier

Adresse à Madame Ségolène Neuville, secrétaire d’État aux personnes handicapées, le 21 avril 2016

Appel de 111 parents de personnes autistes à Monsieur François Hollande, Président de la République Française, le 16 mai 2016

Politique, société

• Quand les désirs deviennent droits

• Sur le mariage

• Le racisme 2.0 : un article d’Éric Laurent

L’inconscient, c’est la politique, aujourd’hui : un article  d’Éric Laurent

Jouissance et radicalisation : un article d’Éric Laurent

Sciences et langages des sciences

• Neurosciences et psychanalyse

• Économie, numérisation

• Mathématiques, logiques

Physique

Autres textes

• Gérard Wajcman : Tableau

• Philippe De Georges : La psychanalyse, au risque de la vérité

• Curiosité : Jean-Paul Sartre parle de ses crabes (et de Jacques Lacan)

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Neurosciences et psychanalyse

neurosciences_ansermet_neuroscience_et_psychanalyteUn dialogue entre neurosciences et psychanalyse

Depuis des années règne dans la presse une vision simpliste des avancées scientifiques des neurosciences, qui souvent revient à un retour au scientisme de la fin du XIXe siècle. Des hypothèses souvent infirmées dans les mois qui suivent sont présentées comme des acquis, des corrélations binaires comme des causalités déterminantes — on aurait découvert et établi la cause génétique de l’homosexualité, de la délinquance chez les adolescents, de la maladie d’Alzheimer, de l’autisme, etc. Tous ces « résultats » viendraient infirmer toutes les approches qui tiennent compte de l’influence du milieu, des expériences du sujet, de ses relations avec les autres, des coordonnées symboliques dans lesquelles il respire et se construit, du langage et de la parole.

Depuis des années, dépassant la polémique, des neurobiologistes de haut niveau et des psychanalystes poursuivent un dialogue, considèrant que neurosciences et psychanalyse doivent s’interroger mutuellement.

Cette page est dédiée à ce dialogue, et présente quelques articles ou livres.

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  • François Ansermet, “Trace et objet, entre neurosciences et psychanalyse”, La Cause freudienne n° 71, 2009. Télécharger
  • François Ansermet, « Neurosciences et logosciences », Jacques-Alain Miller et 84 amis, Qui sont vos psychanalystes?, Seuil, 2002. Télécharger
  • François Gonon, « La psychiatrie biologique : une bulle spéculative ? », Esprit, novembre 2011, pp. 54-73. Télécharger
  • Thomas Boraud et François Gonon, « Neurosciences, les limites de la méthode », Le Monde Science et techno, 30/09/2013. Télécharger
  • François Ansermet et Pierre Magistretti, Les énigmes du plaisir. Odile Jacob, 2010Entretien video : Partie 1 ,  Partie 2
  • Un entretien avec Éric Laurent, par Pierre Magistretti et François Ansermet, à la Fondation Agalma. Video.
  • Ariane Giacobino : « À chaque neurone son génome », paru dans Lacan Quotidien n°356 du 25 novembre 2013. Télécharger

 

Petite bibliographie :

  • François Ansermet et Pierre Magistretti, À chacun son cerveau. Plasticité neuronale et inconscient, Odile Jacob, 2004.
  • (Sous la direction de François Ansermet et Pierre Magistretti), Neurosciences et psychanalyse, Odile Jacob, 2010.
  • François Ansermet et Ariane Giacobino, Autisme. À chacun son génome, Navarin-Le Champ freudien, 2012.
  • François Ansermet et Pierre Magistretti, Les énigmes du plaisir – Entre psychanalyse et neurosciences, Odile Jacob, 2010.
  • Éric Laurent, Lost in cognition. Psychanalyse et sciences cognitives, Éditions Cécile Defaut, Nantes, 2010.

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Sur le mariage

13-02_mariage_psychanalystes_couv_200pxLes psychanalystes et le mariage

13-03-27_mariage_video_jam_senat

Françoise Héritier : « Le mariage n’a rien de sacré », propos recueiilis par Victoria Guérin pour Le Point.fr, suivi d’un texte  d’Irène Théry : « Le gouvernement a laissé les opposants dire n’importe quoi sur la filiation », publié le 23 avril sur Le +, site du Nouvel Observateur. Publiés sur Lacan Quotidien n° 386. Télécharger

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• L’audition de Jacques-Alain Miller au Sénat en video

 

• La politique catholique des corps, entre sacralisation et naturalisation

Un entretien de Jacques-Alain Miller avec Danièle Hervieu-Léger, en video sur le site de LA RÈGLE DU JEU.

 

• Une publication : Du mariage et des psychanalystes
lire le sommaire

 

• Un entretien sur le mariage pour tous avec Jacques-Alain Miller dans Lacan Quotidien n°267, du 11 janvier 2013. Télécharger

 

• Point de capiton : Jacques-Alain Miller à propos de « Mariage pour tous : un combat perdu pour l’Église » de Danièle Hervieu-Léger, lire paru dans Le Monde du 12 février 2012 ; suivi du texte de Danièle Hervieu-Léger. Télécharger

 

• Un article d’Éric Laurent sur le site de La règle du jeu : « Qui s’occupera des enfants ? » ; et, sur le même site, un article de Pierre-Gilles Gueguen, « Mariage, divorce et compagnie »

 

• Lacan Quotidien n°270, du 15 janvier, avec notamment une interview de Clotilde Leguil et un texte de Fabian Fajnwaks

 

• Un article de Déborah Guterman-Jacquet, « Punk under Tweed« , sur le site de La règle du jeu.

 

• Yves Depelsenaire : « Levi-Strauss face au couple homosexuel » :  lire

 

• Une déclaration contre l’instrumentalisation de la psychanalyse (Lacan Quotidien n° 268, du 13 janvier 2013) :

Mariage pour tous : contre l’instrumentalisation de la psychanalyse

Paris, le 13 janvier 2013

Les psychanalystes soussignés déplorent l’utilisation insistante qui est faite du savoir psychanalytique afin de cautionner, dans le débat qui agite la nation, certaines des thèses opposées au projet de loi.

En conséquence, ils se trouvent contraints de déclarer :
– que rien dans l’expérience freudienne n’est de nature à valider une anthropologie
qui s’autoriserait de la Genèse ;
– que la structure œdipienne dégagée par Freud n’est pas un invariant anthropologique ; – qu’au niveau de l’inconscient, les deux sexes ne sont liés par aucune complémentarité

originaire, ce qu’exprime l’aphorisme de Lacan : « le rapport sexuel n’existe pas » ;
– qu’il revient à chaque être parlant de trouver les voies de son désir, qui sont singulières, tordues, marquées de contingence et de malencontres ;

– que certains s’aident à cette fin d’une croyance religieuse, et que d’autres s’en passent ; un analyste n’a pas à se prononcer là-dessus.

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Premier signataires :

Guy Briole, professeur de psychiatrie du Val-de-Grâce
Marie-Hélène Brousse , ancienne présidente de l’Ecole européenne de Psychanalyse
Carole Dewambrechies-La Sagna , secrétaire générale d’Uforca *
Eric Laurent , ancien président de l’Association mondiale de Psychanalyse
Anaëlle Lebovits-Quenehen , directrice de la revue Le Diable probablement
Clotilde Leguil, auteur de Sartre avec Lacan, 2012

Lilia Mahjoub , ancienne présidente de l’Ecole de la Cause freudienne
Jean-Claude Maleval , professeur de psychopathologie à l’Université de Rennes 2
Jean-Daniel Matet , président de l’Ecole de la Cause freudienne
Jacques-Alain Miller , ancien président de l’Association mondiale de Psychanalyse

* Union pour la formation en clinique analytique

Pour signer la déclaration :

http://www.lacanquotidien.fr/blog/2013/01/lacan-quotidien-n-269-mariage-pour-tous-contre-linstrumentalisation-de-la-psychanalyse/

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Raja Ben Slama

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Le mandat d’amener qui frappait la psychanalyste tunisienne Raja Ben Slama vient d’être retiré par les autorités tunisiennes.

De : Lilia Mahjoub

Date : 28 février 2013 12:21:26

À : Jacques-Alain Miller

Cher Jacques-Alain,
Je reçois à l’instant le SMS suivant de mon fils :
« Retrait du mandat d’amener contre Raja Ben Slama. 
Mission accomplie. 
Bises. 
R. »

C’est super !

Je l’appelle pour en savoir plus.

Bises.

Lilia

INSTITUT LACAN
COMMUNIQUE DU CALM

LILIA MAHJOUB ancienne présidente de l’Ecole de la Cause freudienne
Je viens d’être informée du mandat d’amener qui a été lancé à l’encontre de RAJA BEN SLAMA. Attachée à la Tunisie par des liens étroits, je ne saurais rester indifférente au sort de ma collègue tunisienne, ni au destin de la liberté d’expression comme telle. En conséquence, et avec le  « nihil obstat » du Pr. Fethi Benslama, frère de Reja, consulté par Jacques-Alain Miller, je lance la pétition suivante.


PETITION EN FAVEUR DE LA PSYCHANALYSTE RAJA BEN SLAMA
Les soussignés, soucieux de ne pas s’immiscer dans la vie politique tunisienne, mais défendeurs inconditionnels de la liberté d’expression en Tunisie comme en tous pays, demandent aux autorités tunisiennes de renoncer à inquiéter pour délit d’opinion la psychanalyste RAJA BEN SLAMA.
Ils souhaitent que soit rapidement annulé le mandat d’amener lancé à son encontre hier, jeudi 21 février.
Ils seront attentifs aux garanties qui protégeront les droits humains dans la Tunisie issue du « Printemps arabe »
Paris, le 22 février 2013
Lila MAHJOUB  Jacques-Alain MILLER  Maria de FRANCA Jean-Daniel MATET  Anne POUMELLEC  Leonardo GOROSTIZA Philippe SOLLERS  Mitra KADIVAR

POUR SIGNER LA PETITION :
http://raja2013.com/

Quelques éléments sur Raja Ben Slama, par son frère le psychanalyste Fehti Ben Slama :

Cher Jacques-Alain Miller,
Merci beaucoup de défendre Raja, c’est une tradition chez vous…

Voici quelques éléments sur elle.
Très cordialement
Fethi Benslama

PS. Un groupe d’avocat a pris sa défense. le principal est: Me Abada du barreau de Tunis. J’attends son numéro de téléphone.

Notice Bio-bibliographique
– Docteur d’Etat ès lettres, Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités Manouba, 2001.
– Professeur à la Faculté des Arts et des Humanités – Manouba, Université Manouba.
– Directrice d’ Alawan.org, revue  électronique de pensée critique.
– Psychanalyste 
– Membre actuel d’Espace analytique, Paris.

Publications :

-Ouvrages  en arabe :
-L’homme des masses, Dar Tali’a, Beyrouth 2008.
-Edifice du virilisme : essais sur le masculin et le féminin, Damas, Petra 2005, Tunis 2006.
-Critique des « invariants » (« thawabit« ), Beyrouth, Dar Tali’a, 2005
– Désir et écriture : une relecture de la tradition, Cologne, Dar al-Jamal, 2003.
– La parole et le silence, Le Caire, 1998.
-La Mort  et  les  rites  funéraire  en Islam, 1ere éd Tunis  1997, 2e éd. Le Caire 2009.
-Qu’est-ce  que  la  Poétique, de Todorov : trad. en  collaboration  avec Mabkhout  Ch. (Casablanca, 1987, 2e ed.1990).
-La Psychanalyse et l’Islam, traduction et présentation de La psychanalyse à l’épreuve de l’Islam de Fethi Benslama, , Dar Saqi, Londres-Beyrouth, 2009.

En français :
-Les Mots du monde : Masculin –féminin : Pour un dialogue entre les cultures, collectif sous la direction de Nadia Tazi, Paris, La  Découverte, 2004.

Les faits et la raison :

Un mandat d’amener a été lancé, hier (jeudi 22 avril), contre la psychanalyste Raja Benslama (professeure à l’université de Tunis), par un juge d’instruction au motif de « dénonciation calomnieuse ». La raison en est la reprise sur sa page Facebook de la dénonciation par des députés de l’Assemblée Constituante, de la falsification d’un procès verbal par le rapporteur général de la constitution, un membre du parti islamiste Ennahda.

Alors que des actes de violences graves, commis par des extrémistes quotidiennement, restent impunis, le pouvoir islamiste en Tunisie poursuit des artistes, des intellectuels et des journalistes, à la moindre occasion et sous des prétextes fallacieux. Après le doyen de la faculté des Lettres, Raja Benslama est visée aujourd’hui à cause de l’audience importante rencontrée par ses critiques du parti islamiste sur les réseaux sociaux. Notons que la loi en vertu de laquelle elle est poursuivie a été abrogée, après la révolution.

Du mariage et des psychanalystes

13-02_mariage_psychanalystes_couv_200pxDu mariage

et des psychanalystes

Préface de Bernard-Henri Lévy et Jacques-Alain Miller

I. – Comment peut-on être Français? par Anne Béraud
ll. – Argentine: le mariage égalitaire, par Graciela Brodsky
III. – Mariage homo, mariage heureux, par Philippe Hellebois
IV. – Le mariage religieux des homosexuels danois, par René Rasmussen
V. – Israël, ses homos, ses rabbins, par Gil Caroz
VI. – Être homo au Maroc, par Fouzia Liget
VIl. – Grèce: l’homosexualité au tribunal, par Dossia Avdelidi
VllI. – Le mariage à l’italienne, par Francesca Biagi-Chaï et Paola Francesconi
IX. – Espagne: les évêques dans la rue, par Marga Auré et Carmen Cufiat
X. – Le Vatican devant la psychanalyse, par Cinzia Crosali
XI. – La loi naturelle a du plomb dans l’aile, par Philippe La Sagna
XII. – L’Église, la nature, et Freud, par Jacques-Alain Miller
XIII. – La théorie du mariage chez saint Thomas d’Aquin, par Antonio Di Ciaccia

XlV. – Du mariage aux miracles de Lourdes, par Catherine Lacaze-Paule
XV. – La psychanalyse face au « mariage pour tous », par Clotilde Leguil
XVI. – La différence pour tous! par Aurélie Pfauwadel
XVII. – Ya des ovules dans les testicules! par Anaëlle Lebovits-Quenehen
XVIII. – Mariage et sexualité, par Sophie Marret-Maleval
XIX. – « Papa plus Maman », par Solenne Albert
XX. – Du droit aux relations sexuelles à l’hôpital, par Carole Dewambrechies-La Sagna
XXI. – Le droit n’est pas le devoir, par Jean-Claude Maleval
XXII. – L’invention du mariage civil en 1792, par Deborah Gutermann-Jacquet
XXIII. – Lévi-Strauss face au couple homosexuel, par Yves Depelsenaire
XXIV. – «Furor Patris », par Philippe De Georges
XXV. – «Une tradition est toujours conne », par Jean-Pierre Deffieux
XXVI. – Mariage, divorce et compagnie, par Pierre-Gilles Guéguen
XXVII. – Extension du domaine du mariage, par Jean-Pierre Klotz
XXVIII. – Effacer la honte, par Hélène Bonnaud
XXIX. – Qui s’occupera des enfants? par Éric Laurent
XXX. – De quoi « le bien des enfants» est-il le nom? par Dalila Arpin
XXXI. – Familles et symptômes, par Fabian Fajnwaks
XXXll. – Qu’est-ce qui se transmet à l’enfant? par Daniel Roy
XXXIII. – Remarques ironiques déplacées sur« le mariage pour tous », par François Regnault
XXXIV. – Le combat perdu de l’Église, par Danièle Hervieu-Léger
XXXV. – Les mariés de l’an 13, par Bernard-Henri Lévy

13-02_mariage_psychanalystes_sommaire_man_rayEn couverture: Albrecht Dürer, Adam et Ève; montage de Yann Revol
Ci-dessus : Marcel Duchamp en Rrose Sélavy ; photo de Man Ray
ISBN 978-2-916-124-28-5 – Diffusion Volumen
Navarin / Le Champ freudien / La Règle du Jeu
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Le combat perdu de l’église

mariage_hollande_egliseMariage pour tous :

le combat perdu

de l’Église

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par Danièle Hervieu-Léger *

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Dans le débat sur le mariage pour tous, il n’est pas étonnant que l’Eglise catholique fasse entendre sa voix. Le soin qu’elle prend d’éviter toute référence à un interdit religieux l’est davantage. Pour récuser l’idée du mariage homosexuel, l’Eglise invoque en effet une « anthropologie » que son « expertise en humanité » lui donne titre à adresser à tous les hommes, et non à ses seuls fidèles. Le noyau de ce message universel est l’affirmation selon laquelle la famille conjugale – constituée d’un père (mâle), d’une mère (femelle) et des enfants qu’ils procréent ensemble – est la seule institution naturelle susceptible de fournir au lien entre conjoints, parents et enfants, les conditions de son accomplissement.

En dotant cette définition de la famille d’une validité « anthropologique » invariante, l’Eglise défend en réalité un modèle de la famille qu’elle a elle-même produit. Elle a commencé de mettre en forme ce modèle dès les premiers temps du christianisme, en combattant le modèle romain de la famille qui s’opposait au développement de ses entreprises spirituelles et matérielles, et en faisant du consentement des deux époux le fondement même du mariage.

Dans ce modèle chrétien du mariage – stabilisé au tournant des XIIe-XIIIe siècles -, le vouloir divin est supposé s’exprimer dans un ordre de la nature assignant l’union à la procréation et préservant le principe de la soumission de la femme à l’homme. Ce serait faire un mauvais procès à l’Eglise que d’occulter l’importance qu’a eue ce modèle dans la protection des droits des personnes et la montée d’un idéal du couple fondé sur la qualité affective de la relation entre les conjoints. Mais la torsion opérée en en faisant la référence indépassable de toute conjugalité humaine n’en est rendue que plus palpable.

Car cette anthropologie produite par l’Eglise entre en conflit avec tout ce que lesanthropologues décrivent au contraire de la variabilité des modèles d’organisation de la famille et de la parenté dans le temps et l’espace. Dans son effort pour tenir à distance la relativisation du modèle familial européen induit par ce constat, l’Eglise ne recourt pas seulement à l’adjuvant d’un savoir psychanalytique lui-même constitué en référence à ce modèle.

Elle trouve aussi, dans l’hommage appuyé rendu au code civil, un moyen d’apporter un surplus de légitimation séculière à son opposition à toute évolution de la définition juridique du mariage. La chose est inattendue si l’on se souvient de l’hostilité qu’elle manifesta en son temps à l’établissement du mariage civil. Mais ce grand ralliement s’explique si l’on se souvient que le code Napoléon, qui a éliminé la référence directe à Dieu, n’en a pas moins arrêté la sécularisation au seuil de la famille : en substituant à l’ordre fondé en Dieu l’ordre non moins sacré de la « nature », le droit s’est fait lui-même le garant de l’ordre immuable assignant aux hommes et aux femmes des rôles différents et inégaux par nature.

La référence préservée à l’ordre non institué de la nature a permis d’affirmer le caractère « perpétuel par destination » du mariage et d’interdire le divorce. Cette reconduction séculière du mariage chrétien opérée par le droit a contribué à préserver, par-delà la laïcisation des institutions et la sécularisation des consciences, l’ancrage culturel de l’Eglise dans une société dans laquelle elle était déboutée de sa prétention à dire la loi au nom de Dieu sur le terrain du politique : le terrain de la famille demeurait en effet le seul sur lequel elle pouvait continuer de combattre la problématique moderne de l’autonomie de l’individu-sujet.

Si la question du mariage homosexuel peut être considérée comme le lieu géométrique de l’exculturation de l’Eglise catholique dans la société française, c’est que trois mouvements convergent en ce point pour dissoudre ce qui restait d’affinité élective entre les problématiques catholique et séculière du mariage et de la famille.

Le premier de ces mouvements est l’extension de la revendication démocratique hors de la seule sphère politique : une revendication qui atteint la sphère de l’intimité conjugale et familiale, fait valoir les droits imprescriptibles de l’individu par rapport à toute loi donnée d’en haut (celle de Dieu ou celle de la nature) et récuse toutes les inégalités fondées en nature entre les sexes. De ce point de vue, la reconnaissance juridique du couple homosexuel s’inscrit dans le mouvement qui – de la réforme du divorce à la libéralisation de la contraception et de l’avortement, de la redéfinition de l’autorité parentale à l’ouverture de l’adoption aux célibataires – a fait entrer la problématique de l’autonomie et de l’égalité des individus dans la sphère privée.

Cette expulsion progressive de la nature hors de la sphère du droit est elle-même rendue irréversible par un second mouvement, qui est la remise en question de l’assimilation, acquise au XIXe siècle, entre l’ordre de la nature et l’ordre biologique. Cette assimilation de la « famille naturelle » à la « famille biologique » s’est inscrite dans la pratique administrative et dans le droit.

Du côté de l’Eglise, le même processus de biologisation a abouti, en fonction de l’équivalence établie entre ordre de la nature et vouloir divin, à faire coïncider de la façon la plus surprenante la problématique théologique ancienne de la « loi naturelle » avec l’ordre des « lois de la nature » découvertes par la science. Ce télescopage demeure au principe de la sacralisation de la physiologie qui marque les argumentaires pontificaux en matière d’interdit de la contraception ou de la procréation médicalement assistée. Mais, au début du XXIe siècle, c’est la science elle-même qui conteste l’objectivité de ces « lois de la nature ».

La nature n’est plus un « ordre » : elle est un système complexe qui conjugue actions et rétroactions, régularités et aléas. Cette nouvelle approche fait voler en éclats les jeux d’équivalence entre naturalité et sacralité dont l’Eglise a armé son discours normatif sur toutes les questions touchant à la sexualité et à la procréation. Lui reste donc, comme seule légitimation exogène et « scientifique » d’un système d’interdits qui fait de moins en moins sens dans la culture contemporaine, le recours intensif et désespéré à la science des psychanalystes, recours plus précaire et sujet à contradiction, on s’en rend compte, que les « lois » de l’ancienne biologie.

La fragilité des nouveaux montages sous caution psychanalytique par lesquels l’Eglise fonde en absoluité sa discipline des corps est mise en lumière par les évolutions de la famille conjugale elle-même. Car l’avènement de la « famille relationnelle » a, en un peu plus d’un demi-siècle, fait prévaloir le primat de la relation entre les individus sur le système des positions sociales gagées sur les différences « naturelles » entre les sexes et les âges.

Le coeur de cette révolution, dans laquelle la maîtrise de la fécondité a une part immense, est le découplage entre le mariage et la filiation, et la pluralisation corrélative des modèles familiaux composés et recomposés. Le droit de la famille a homologué ce fait majeur et incontournable : ce n’est plus désormais le mariage qui fait le couple, c’est le couple qui fait le mariage.

Ces trois mouvements – égalité des droits jusque dans l’intime, déconstruction de l’ordre supposé de la nature, légitimité de l’institution désormais fondée dans la relation des individus – cristallisent ensemble en une exigence irrépressible : celle de la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe, et de leur droit, en adoptant, de fonder une famille. Face à cette exigence, les argumentaires mobilisés par l’Eglise – fin de la civilisation, perte des repères fondateurs de l’humain, menace de dissolution de la cellule familiale, indifférenciation des sexes, etc. – sont les mêmes que ceux qui furent mobilisés, en leur temps, pour critiquer l’engagement professionnel des femmes hors du foyer domestique ou combattre l’instauration du divorce par consentement mutuel.

Il est peu probable que l’Eglise puisse, avec ce type d’armes, endiguer le cours des évolutions. Aujourd’hui, ou demain, l’évidence du mariage homosexuel finira par s’imposer, en France comme dans toutes les sociétés démocratiques. Le problème n’est pas de savoir si l’Eglise « perdra » : elle a – beaucoup en son sein, et jusque dans sa hiérarchie, le savent – déjà perdu.

Le problème le plus crucial qu’elle doit affronter est celui de sa propre capacité à produire un discours susceptible d’être entendu sur le terrain même des interrogations qui travaillent la scène révolutionnée de la relation conjugale, de la parentalité et du lien familial. Celui, par exemple, de la reconnaissance due à la singularité irréductible de chaque individu, par-delà la configuration amoureuse – hétérosexuelle ou homosexuelle – dans laquelle il est engagé.

Celui, encore, de l’adoption, qui, de parent pauvre de la filiation qu’elle était, pourrait bien devenir au contraire le paradigme de toute parentalité, dans une société, où quelle que soit la façon dont on le fait, le choix d' »adopter son enfant », et donc de s’engager à son endroit, constitue le seul rempart contre les perversions possibles du « droit à avoir un enfant », qui ne guettent pas moins les couples hétérosexuels que les couples homosexuels.

Sur ces différents terrains, une parole adressée à des libertés est attendue. Le mariage homosexuel n’est certainement pas la fin de la civilisation. Le fait qu’il puisse constituer, si l’Eglise n’a pas d’autre propos que celui de l’interdit, un jalon aussi dramatique que le fut l’encyclique Humanae Vitae en 1968 sur le chemin de la fin du catholicisme en France n’est pas une hypothèse d’école.

Danièle Hervieu-Léger



* Paru dans Le Monde du 12 janvier 2013.

Claude Levi-Strauss face au couple homosexuel

claude_levi_straussClaude Levi-Strauss face au couple homosexuel

par Yves Depelsenaire *

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Grande agitation autour du mariage homosexuel. Dans tout ce tohu-bohu, on a recours à l’anthropologie pour éclairer de prétendus invariants de la structure familiale. En arrière-plan, des questions qui ont leur dignité, sur les modalités contemporaines des alliances et des structures de la parenté, dont Claude Lévi-Strauss avait dégagé les formes élémentaires.

Il ne sera pas inutile d’attirer ici l’attention sur un texte posthume du grand anthropologue disparu, publié en avril 2011 dans un recueil de conférences prononcées au Japon au printemps 1986, L’anthropologie face aux problèmes du monde moderne (Coll. du XXème siècle, Seuil). La seconde de ces conférences porte sur trois grands problèmes contemporains : la sexualité, le développement économique, les relations entre la pensée mythique et la science.

S’agissant de la sexualité, trois questions majeures retiennent l’attention de Lévi-Strauss : le prêt de l’utérus ; la procréation artificielle ; le couple homosexuel. En regard de chacune de ces questions nouvelles dans nos sociétés, il met les surprenants montages élaborés dans d’autres sociétés, au mépris du prétendu invariant familial universel.

Ainsi apprenons-nous que l’insémination avec donneur a son équivalent chez les Samo du Burkina Faso. Chaque fillette y est mariée de très bonne heure, mais avant d’aller vivre chez son époux, elle doit, pendant trois ans au plus, avoir un amant de son choix, officiellement reconnu pour tel. Elle apporte à son mari le premier enfant, né des oeuvres de son amant, mais qui sera considéré comme le premier né de l’union légitime.

Dans d’autres populations africaines, un homme marié dont la femme est stérile, peut, moyennant payement, s’entendre avec une femme féconde pour qu’elle le désigne comme père. Dans ce cas, le mari légal est donneur inséminateur, et la femme loue son ventre au couple sans enfants.

Chez les Indiens Tupi-Kawahib du Brésil, un homme peut épouser simultanément ou en succession plusieurs soeurs, ou une mère et sa fille d’une union précédente. Ces femmes élèvent en commun leurs enfants, sans se soucier spécialement de qui est celui-ci ou celui-là.

La situation symétrique prévaut au Tibet, où plusieurs frères ont en commun une seule épouse, tous les enfants étant attribués légalement à l’aîné.

Les Nuer du Soudan assimilent la femme stérile à un homme ! En qualité d’ « oncle paternel », elle reçoit le bétail représentant le « prix de la fiancée » payée pour le mariage de ses nièces, et elle s’en sert pour acheter une épouse qui lui donnera des enfants grâce aux services rémunérés d’un homme, souvent un étranger. Chez les Yoruba du Nigeria, une femme riche peut, elle aussi, acquérir des épouses qu’elle pousse à se mettre en ménage avec des hommes. Quand des enfants naissent, la femme, « époux légal », les prend pour siens. Dans ces deux cas de couples formés par deux femmes, une des femmes sera donc considérée comme le père légal et l’autre comme la mère biologique.

Lévi-Strauss évoque aussi le cas de figure du « mariage fantôme », qui chez les Nuer, autorise une femme veuve à engendrer « au nom du défunt » avec un de ses proches parents. Il en rapproche l’institution du lévirat chez les Hébreux. Ces enfants sont tenus pour des réincarnations du défunt. Ces sociétés n’éprouvent pas les craintes du genre qu’engendrent chez nous l’insémination avec le sperme congelé d’un mari défunt, mais le problème en cause n’est, aux yeux de l’anthropologue, guère différent.

Tous ces exemples témoignent de ce que le conflit en cause dans nos sociétés, entre la procréation biologique et la paternité sociale, n’existe pas dans d’autres, qui y apportent des solutions originales, constituant autant d’images métaphoriques anticipées des techniques modernes. Ils démontrent aussi que ce que nous considérons comme « naturel » et fondé sur l’ordre des choses se réduit à des contraintes et des habitudes mentales propres à notre culture.

Aux juristes et aux moralistes trop impatients, conclut Lévi-Strauss, les anthropologues prodiguent des conseils de libéralisme et de prudence. Ils font valoir que même les pratiques et les aspirations qui choquent le plus l’opinion procréation assistée, mise au service de femmes vierges à des femmes célibataires, veuves ou au service de couples homosexuels — ont leur équivalent dans d’autres sociétés qui ne s’en portent pas plus mal.




* Paru sur le site de La règle du jeu (http://laregledujeu.org/2013/01/16/11827/claude-levi-strauss-face-au-couple-homosexuel/ ) le 16 janvier 2013.