La session annuelle 2013-2014

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L’expérience

du désir

« Que montre Lacan ? Que le désir n’est pas une fonction biologique ; qu’il n’est pas coordonné à un objet naturel ; que son objet est fantasmatique. De ce fait, le désir est extravagant. Il est insaisissable à qui veut le maîtriser. Il vous joue des tours. Mais aussi, s’il n’est pas reconnu, il fabrique du symptôme. Dans une analyse, il s’agit d’interpréter, c’est-à-dire de lire dans le symptôme le message de désir qu’il recèle.(…) Lire la suite

 

Une session mensuelle, de novembre 2013 à juin 2014.

Les dates : les samedis 9/11 et 7/12 2013 ; 18/1, 1/2, 22/3, 12/4, 24/5 et 14/6 2014
Le lieu : Les Salons Mauduit, 10 rue Arsène Leloup, 44000 Nantes.

Chaque samedi, le séminaire de textes, le séminaire d’élucidation des pratiques, le séminaire de textes, et trois fois dans l’année, une conférence. Une présentation clinique a lieu dans un service hospitalier une fois par mois.

Lire le déroulement de la session.

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Le thème de l’année 2013-2014

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L’expérience

du désir

Présentation du thème

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« Que montre Lacan ? Que le désir n’est pas une fonction biologique ; qu’il n’est pas coordonné à un objet naturel ; que son objet est fantasmatique. De ce fait, le désir est extravagant. Il est insaisissable à qui veut le maîtriser. Il vous joue des tours. Mais aussi, s’il n’est pas reconnu, il fabrique du symptôme. Dans une analyse, il s’agit d’interpréter, c’est-à-dire de lire dans le symptôme le message de désir qu’il recèle.

Si le désir déroute, il suscite en contrepartie l’invention d’artifices jouant le rôle de boussole. Une espèce animale a sa boussole naturelle, qui est unique. Dans l’espèce humaine, les boussoles sont multiples : ce sont des montages signifiants, des discours. Ils disent ce qu’il faut faire : comment penser, comment jouir, comment se reproduire. Cependant, le fantasme de chacun demeure irréductible aux idéaux communs.

Jusqu’à une époque récente, nos boussoles, si diverses qu’elles soient, indiquaient toutes le même nord : le Père. On croyait le patriarcat un invariant anthropologique. Son déclin s’est accéléré avec l’égalité des conditions, la montée en puissance du capitalisme, la domination de la technique. Nous sommes en phase de sortie de l’âge du Père.

Un autre discours est en voie de supplanter l’ancien. L’innovation à la place de la tradition. Plutôt que la hiérarchie, le réseau. L’attrait de l’avenir l’emporte sur le poids du passé. Le féminin prend le pas sur le viril. Là où c’était un ordre immuable, des flux transformationnels repoussent incessamment toute limite.

Freud est de l’âge du Père. Il a beaucoup fait pour le sauver. L’Église a fini par s’en apercevoir. Lacan a suivi la voie frayée par Freud, mais elle l’a conduit à poser que le Père est un symptôme. Il le montre ici sur l’exemple d’Hamlet.

Ce que l’on a retenu de Lacan – la formalisation de l’Œdipe, l’accent mis sur le Nom-du-Père – n’était que son point de départ. Le Séminaire VI déjà le remanie : l’Œdipe n’est pas la solution unique du désir, c’est seulement sa forme normalisée ; celle-ci est pathogène ; elle n’épuise pas le destin du désir. D’où l’éloge de la perversion qui termine le volume. Lacan lui donne la valeur d’une rébellion contre les identifications assurant le maintien de la routine sociale. Ce Séminaire annonçait “le remaniement des conformismes antérieurement instaurés, voire leur éclatement”. Nous y sommes. Lacan parle de nous. »

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C’est ainsi que Jacques-Alain Miller présente le Séminaire VI de Lacan qui vient de paraître, Le désir et son interprétation. Lors de la dernière rencontre des sections cliniques à Paris, Jacques-Alain Miller a mis en évidence un fil conducteur, le fantasme. Très mince au début du Séminaire, il devient ensuite une corde. Le fantasme est posé au singulier, et Lacan le complète du terme fondamental : le fantasme est fondamental en tant qu’il est minimal. La véritable relation d’objet se situe donc au niveau du fantasme, et le fantasme devient alors, à ce moment de l’enseignement de Lacan, le terme, le lieu où la question du sujet sur son désir trouve sa réponse. Lacan développe ensuite sa logique. Enfin, à partir de son tout dernier enseignement, il se démontre que la traversée du fantasme est nécessaire à la mise en lumière de la rencontre traumatique du signifiant avec le corps, marque contingente et inaugurale de jouissance, toujours unique. L’itération de cet Un de jouissanceconditionne la varité symptomatique pour chacun. Alors, si le terme de parlêtre se substitue à celui de sujet, et le terme de jouissance à celui de désir, les termes de sujet et de désir en sont-ils pour autant invalidés ? Aucunement, car la préoccupation de Lacan concerne avant tout la cure analytique. Et celle-ci ne s’aborde qu’à partir des embrouilles du désir, son expérience toujours singulière.

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Le déroulement de la session 2013-2014

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Schéma de

l’organisation

de l’année

2013-2014

Une session mensuelle, de novembre 2013 à juin 2014.

Les dates : les samedis 9 novembre et 7 décembre 2013 ; 18 janvier, 1er février, 22 mars, 12 avril, 24 mai et 14 juin 2014.
Le lieu : Les Salons Mauduit, 10 rue Arsène Leloup, 44000 Nantes

Les enseignements ont lieu le samedi, de 9 h à 16 h (et jusqu’à 18 h lorsqu’il y a une conférence). Ils se répartissent entre le séminaire théorique, les séminaires d’élucidation des pratiques et séminaires de textes, les conférences. Une collation est proposée le midi, sur place, permettant les échanges entre participants et enseignants (pour celle-ci, une participation forfaitaire de 65 euros pour l’année est demandée).
Une présentation clinique a lieu une fois par mois, le mardi de 14 h à 16.h, à l’Hôpital St Jacques.

Le séminaire théorique

De 9 h à 11 h
Des enseignants proposent leur lecture du Séminaire VI, Le désir et son interprétation.
Lire le programme du séminaire théorique

Les séminaires d’élucidation des pratiques

De 11 h à 12 h et 13 h à 14 h
Comme pour les séminaires de textes, les participants sont répartis en plusieurs groupes.
Ce sont des séminaires d’entretiens sur la pratique, qui se déroulent à partir de séquences, de cas ou de points d’achoppements présentés par les participants ou les enseignants. Le thème de cette année les orientera.
Ces séminaires d’élucidation clinique s’intéressent bien sûr à la psychanalyse et aux différentes psychothérapies, mais aussi par exemple, aux pratiques des médecins, des infirmiers, des éducateurs, psychomotriciens, orthophonistes, assistants sociaux, enseignants, etc. Toutes peuvent relever d’un abord clinique, dans la mesure où elles ont affaire à des sujets : la clinique de la pratique, c’est la clinique des réponses que le sujet y apporte.
Poser que le sujet répond, plutôt que de dire qu’il réagit à la pratique, c’est d’abord mettre l’accent sur sa position, et en fin de compte sur sa position dans la structure : névrotique, perverse ou psychotique. C’est aussi, puisque toute réponse s’entend entre refus et consentement, en signifier la dimension éthique. Et enfin, c’est souligner que le sujet ne fait pas que mobiliser ses défenses, mais qu’il élabore des constructions et fait des trouvailles : la clinique authentique ne se résorbe pas dans le déficit.
L’élucidation des pratiques, à travers les séquences, les cas et les points d’achoppements présentés, vise la mise en lumière du sujet comme réponse. Il est permis d’espérer que du même coup la pratique en soit éclairée.

Les séminaires de textes

De 14 h à 16 h
À chaque séance, deux participants, aidés par un enseignant, posent une ou deux questions sur les textes proposés, et engagent une discussion. Comme pour les séminaires d’élucidation des pratiques, les participants sont répartis en plusieurs groupes.
Lire le programme du séminaire de textes.

Les conférences

Trois fois dans l’année, de 16 h à 18 h. Ce sont des conférences cliniques qui traiteront du thème de l’année.
En 2013-2014, nous recevrons Bruno de Halleux (Bruxelles), Jean-Robert Rabanel (Clermont-Ferrand), et Marie-Hélène Brousse (Paris).

Les présentations cliniques

Un mardi par mois, de 14 h à 16 h, à l’Hôpital St Jacques, à Nantes.
Une équipe soignante propose à un psychanalyste de rencontrer un malade.Qu’attendre de cette rencontre ? La surprise est souvent au rendez-vous. Pour le malade, c’est une occasion, rare, de venir témoigner de ce qui, pour lui, est un “impossible à supporter”. Pour l’équipe soignante, des éclairages nouveaux peuvent être apportés sur certaines butées que rencontre la prise en charge. De même, des questions concernant les modalités de la stratégie thérapeutique sont soulevées. Pour les participants et le psychanalyste, tout en se laissant enseigner par les propos du malade, ils peuvent chercher à se repérer au plus près de la structure.

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2013-2014 S’inscrire à la Session

bulletin inscription 2013-2014LA SESSION ANNUELLE

Les inscriptions sont reçues à partir de septembre, jusqu’au 15 octobre 2013.

Télécharger le bulletin d’inscription.

Les personnes qui demandent pour la première fois à participer à une Session annuelle doivent envoyer leur bulletin d’inscription avant le 15 octobre. Il leur sera proposé un entretien individuel avec l’un des enseignants. C’est seulement lors de cet entretien qu’elles recevront une réponse à leur demande de participation.

Le séminaire de textes 2013-2014

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Albrecht Dürer, Melancholia

Le programme

du séminaire de textes

2013-2014


À chaque séance, deux participants, aidés par un enseignant, posent une ou deux questions sur les textes proposés, à partir desquelles la discussion s’engage. Les textes proposés sont, d’une part, les chapitres du Séminaire VI au programme du séminaire théorique, de l’autre un texte qui fait l’objet de commentaires par Lacan. Comme pour les séminaires d’élucidation des pratiques, les participants sont répartis en plusieurs groupes.

Au-delà des textes au programme, il nous semble nécessaire d’avoir lu les textes ou fragments suivants : S. Freud, L’interprétation du rêve, Seuil, Paris, 2010, traduction par Jean-Pierre Lefebvre : L’injection à Irma pp. 142, 334, 357, 361, 555 ; Le rêve de la petite Anna (Rêve des fraises, dit d’Anna Freud) p. 169 ; La belle bouchère pp. 186-191, 214-215, 638 ; Le rêve du père mort pp. 470-471, 475 ; Père ne vois tu pas que je brûle  pp. 551, 577, 593, 614 ; et le Chapitre VI, « Le travail du rêve ».

W. Shakespeare, Hamlet, par exemple l’édition bilingue GF-Flammarion, 1995, traduction par François Maguin.

Première séance :
Sigmund Freud, “Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques” (1911), (Le rêve du père mort), Résultats, idées, problèmes T I, PUF, 1984.
Jacques Lacan, Le Séminaire, livre VI, Le désir et son interprétation, Éditions de La Martinière – Le Champ Freudien, Paris, 2013, Chapitres 1 et 2.

Deuxième séance :
Sigmund Freud, “Un enfant est battu. Contribution à la genèse des perversions” (1919), Névrose, psychose et perversion, PUF, 1978.
Jacques Lacan, Le désir et son interprétation, Chapitres 3 à 7.

Troisième séance :
Ella Sharpe, “Analyse d’un rêve unique” (1937) (Le message de la petite toux), Ella Sharpe lue par Lacan, (dir. Marie-Lyse Lauth), Hermann, 2007, chapitre IV.
Jacques Lacan, Le désir et son interprétation, Chapitres 8 à 12.

Quatrième séance :
Ernest Jones, “Le développement précoce de la sexualité féminine” (1927), Théorie et pratique de la psychanalyse, Éditions Payot & Rivages, 1999.
Jacques Lacan, Le désir et son interprétation, Chapitres 13 à 15.


Cinquième séance :
Sigmund Freud, “La disparition du complexe d’Œdipe” (1923), La vie sexuelle, PUF, 1977.
Jacques Lacan, Le désir et son interprétation, Chapitres 16 à 19.

Sixième séance :
Ruth Lebovici, “Perversion sexuelle transitoire au cours d’un traitement psychanalytique” (L’homme au Flytox), Bulletin d’activités de l’association des psychanalystes de Belgique, n° 25, 1956.
Jacques Lacan, Le désir et son interprétation, Chapitres 20 à 22.

Septième séance :
Mélanie Klein, “L’importance de la formation du symbole dans le développement du moi” (1930) (Le cas Dick), Essais de psychanalyse, Payot, 2005.
Jacques Lacan, Le désir et son interprétation, Chapitres 23 à 25.

Huitième séance :
Ernst Kris, “Psychologie du moi et interprétation dans la thérapie psychanalytique” (1951) (L’homme aux cervelle fraîches), Ornicar ? n°46, 1988.
Jacques Lacan, Le désir et son interprétation, Chapitres 26 et 27.

Le séminaire théorique 2013-2014

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Sir John Everett Millais, Ophelia

Le séminaire

théorique

2013-2014

Il sera assuré par :

Gilles Chatenay, Dr Jean-Louis Gault,
Dr Bernard Porcheret

Lecture du Séminaire, livre VI, Le désir et son interprétation,

de Jacques Lacan

(Éditions de La Martinière – Le Champ freudien, Paris, 2013, texte établi par Jacques-Alain Miller.)


Première séance : L’expérience du désir de l’Autre
Chapitres I et II

Deuxième séance : Le désir dans le rêve
Chapitres III à VII

Troisième séance : L’être du sujet est dans le fantasme
Chapitres VIII à XII

Quatrième séance : Le circuit inconscient du désir
Chapitres XIII à XV

Cinquième séance : Les paradoxes du fantasme
Chapitres XVI à XIX

Sixième séance : Le fantasme fondamental
Chapitres XX à XXII

Septième séance : Le fantasme pervers
Chapitres XXIII à XXV

Huitième séance : Valeur protestataire de la perversion
Chapitres XXVI et XXVII