Ironik! Le bulletin UFORCA

logo_ironikIronik! Le bulletin UFORCA

pour l’Université Populaire Jacques-Lacan

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Depuis septembre 2014, l’UFORCA a un nouveau bulletin. Marie Laurent ouvrait ainsi le numéro 1 :

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LE RIRE D’ÉOLE

L’ironie est offensive et non polémique. Offensive parce que comme telle, elle débusque la jouissance à la racine de tous les discours. Offensive ici parce qu’en faisant valoir la singularité du cas, elle décolle le ciment à prise rapide de la clinique psychiatrique. Offensive encore, parce qu’elle fraternise avec les pluriels et la discontinuité sans la protection d’aucune norme. En cela l’ironie verse dans la solitude. La nôtre vise à être bien entourés… 

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Ironik est diffusé à tous les participants aux Sections, Antennes et Collèges Cliniques francophones.

Lire le numéro 1, octobre 2014 ; Lire le numéro 2, novembre 2014 ; Lire le numéro 3, décembre 2014 ; Lire le numéro 4, janvier 2015 ; Lire le numéro 5, février 2015 ; Lire le numéro 6, mars 2015 ; Lire le numéro 7, mai 2015 ; Lire le numéro 8, juin 2015 ; Lire le numéro 9, septembre 2015 ; Lire le numéro 10, octobre 2015 ; Lire le numéro 11, novembre 2015 ; Lire le numéro 12, janvier 2016 ; Lire le numéro 13, février 2016 ; Lire le numéro 14, mars 2016 ; Lire le numéro 15, avril 2016 ; Lire le numéro 16, mai 2016 ; Lire le numéro 17, septembre 2016 ; Lire le numéro 18, octobre 2016 ; Lire le numéro 19, novembre 2016 ; Lire le numéro 20, décembre 2016 ; Lire le numéro 21, janvier 2017 ; Lire le numéro 22, février 2017 ; Lire le numéro 23, avril 2017 ; Lire le numéro 24, juin 2017 ; Lire le numéro 25, septembre 2017 ; Lire le numéro 26, octobre 2017 ; Lire le numéro 27, novembre 2017 ; Hors-série : Serge Cottet, décembre 2017 ; Lire le numéro 28, janvier 2018 ; Spécial #1  Février 2018 Première Journée du CERFA, Autisme et parentalité ; Lire le numéro 29, mars 2018 ; Lire le numéro 30, avril 2018, n°31, juillet 2018, n°32, novembre 2018

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Ironik! est logo_facebookdésormais sur Facebook : IRONIKFACE

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L’UFORCA pour l’UJPL a un site internet :

UFORCA pour l’Université Populaire Jacques-Lacan

 

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UFORCA-UPJL

logo_uforca_upjlL’UFORCA

pour

l’Université Populaire

Jacques Lacan

http://www.lacan-universite.fr/

 

Direction : Jacques-Alain Miller

Sous les auspices du Département de psychanalyse

UNIVERSITÉ DE PARIS VIII

Le  Département de psychanalyse existe depuis 1968. Jacques Lacan, resta son directeur scientifique jusqu’à sa mort en septembre 1981, il fait aujourd’hui partie de l’Université de Paris VIII. L’Institut du Champ freudien a pris la suite, en 1987 et sous la direction de Jacques-Alain Miller.
Depuis 1991, au fil des années, après Barcelone, Madrid, Bruxelles, Rome, en France hors Paris, de nouvelles Sections sont créées.  Vingt-quatre Sections, Antennes, Collèges et Programmes d’Études cliniques ont vu le jour en France. Les Sections ne se situent pas dans le cadre d’un groupe psychanalytique, même si ses enseignants sont d’orientation lacanienne. Elles ont pour but d’assurer un enseignement fondamental de psychanalyse, tant théorique que clinique, qui s’adresse aussi bien aux travailleurs de la « Santé mentale », psychiatres, médecins, psychologues, etc…, qu’aux psychanalystes eux-mêmes et aux universitaires intéressés par ce savoir particulier.

L’UFORCA pour l’Université Populaire Jacques Lacan a son site internet : http://www.lacan-universite.fr/

L’Union pour la Formation en Clinique Analytique est une association qui rassemble depuis 1996 les Sections, Antennes et Collèges cliniques francophones sous le nom d’Uforca-National. Chaque Section est gérée administrativement par une association régionale qui porte elle-même le nom d’Uforca auquel est adjoint le nom de la ville (Uforca-Lyon, Uforca-Marseille). Chacune de ces associations régionales est affiliée statutairement à l’association Uforca-National.

13-05-25-26_uforca_afficheL’UFORCA pour l’Université Populaire Jacques Lacan organise des conversations, celle de 2013 aura lieu les 25 et 26 mai à Paris, elle aura pour titre « Quand les désirs deviennent des Droits« .

Les membres du Conseil d’administration d’Uforca sont Christiane Alberti, Jacques Borie, Hervé Castanet, Jean-Pierre Deffieux (trésorier), Philippe De Georges, Carole Dewambrechies-La Sagna (secrétaire générale), José-Luis Garcia-Castellano, Jean-Michel Dutilloy, Marcel Eydoux, Marc Lévy, Véronique Mariage, Pierre-Gilles Guéguen, Eric Laurent, Jean-Daniel Matet, Jacques-Alain Miller, Bernard Porcheret, Jean-Robert Rabanel (président), Alexandre Stevens, Pierre Stréliski, Claude Viret (secrétaire), et Armand Zaloszyc.

L’UFORCA et le CERCLE

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Le Cercle (Centre d’études et de recherches en clinique lacanienne) réunit les participants qui travaillent dans le champ de la dite « santé mentale », et qui se sont distingués par leurs travaux dans les différentes Sections, Antennes, Collèges et Programmes cliniques, et dans les Ateliers de Psychanalyse appliquée.

Le Cercle-UFORCA (Union pour la formation en clinique analytique) pour L’UJPL (Université Populaire Jacques-Lacan, fondée par Jacques-Alain Miller 8 Novembre 2009 à Paris) réunit un certain nombre de membres francophones dans des Journées.

Le « Parlement de  Montpellier », qui avait pour thème « Autour du Séminaire XXIII », a eu lieu les 21 et 22 mai 2011.

Le Colloque de l’UFORCA – Pour l’Université Populaire Jacques-Lacan de 2013 a eu pour titre « Quand les désirs deviennent des Droits  » . Vous pouvez, sur cette page de notre site, télécharger les numéros de Passerelles, qui préparaient à ce Colloque.

Le Colloque de 2014 a eu lieu à Paris, il avait pour titre « Pères toxiques » .

15-05-30_uforca_colloque_afficheLe Colloque 2015 se déroulera le 30 mai, à Paris, son thème : Modes de jouir. Le temps pour choisir. Il est présenté sur la page “Ailleurs, les événements” de ce site.

L’UFORCA pour l’Université Populaire Jacques-Lacan  édite un bulletin électronique à l’intention de tous les participants aux Antennes, Collèges et Sections Cliniques, « Ironik », dont la rédactrice en chef est Marie Laurent.

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L’UFORCA pour l’UJPL a un site internet :

UFORCA pour l’Université Populaire Jacques-Lacan : http://www.lacan-universite.fr/

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L’université Jacques-Lacan

L’UNIVERSITÉ JACQUES-LACAN

par Jacques-Alain Miller

Université populaire de Psychanalyse Jacques-Lacan

créée le dimanche 8 novembre 2009 à Paris

Il y a un temps pour penser – méditer, calculer, supputer, tergiverser – et il y a un temps pour agir, foncer, passer au registre de l’acte, ce qui comporte toujours de traverser en toute hâte la barrière du non-savoir.

Voici quelque temps que j’ai mis l’idée en discussion, de créer un puissant pôle d’enseignement à Paris, en réunissant sous un même chapeau, sans mettre en cause leur autonomie de fonctionnement, les enseignements de l’École, ceux du Département de psychanalyse, les deux Sections cliniques, le Collège freudien pour la formation permanente, l’Envers de Paris, les Groupes du Champ freudien, que sais-je encore ? Je suis allé jusqu’à évoquer l’idée d’une Université européenne, et cette idée a été soutenue par Uforca, bien accueillie en Espagne comme en Italie.

Il manquait ce que Stendhal appelle « cristallisation ». Ces Journées en sont l’occasion. Vous êtes ici plus de 2 000 : c’est une affluence sans précédent. Surtout, n’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure nous promettant « la kermesse » parce que nous ne tirons plus la tête d’enterrement qui est traditionnelle chez les analystes en toute circonstance institutionnelle, on n’a jamais mieux travaillé, plus sérieusement et plus plaisamment.

Une ligne politique se dégage ; je l’expose au fur et à mesure qu’elle se révèle à moi, comme un prophète qui ne serait que logicien ; elle recueille ces jours-ci l’assentiment de la plupart. Eh bien, le moment est venu de conclure sur l’affaire universitaire, pour aller de l’avant sur d’autres plans encore.

Je dis « Université populaire », parce que le terme est connu, qu’il a cours, et qu’il indique bien que nous prendrons à cœur cette « éducation freudienne du peuple français » que j’appelais de mes vœux au début de cette décennie – sauf à l’étendre à tous les peuples, comme nous y encourage l’exemple de Mitra Kadivar en République islamique d’Iran. Les religions ont bien réussi à orienter l’humanité vers des divinités d’utilité douteuse, et dont l’existence est sujette à controverse. Pourquoi reculer devant la notion d’une humanité analysante ? Ce n’est pas pour demain, je vous le concède – mais après-demain ? Tomorrow, the World !

Je l’appelle « Jacques-Lacan » parce que je veillerai à ce qu’elle soit digne de ce nom.

Ce sera une association sans but lucratif ; on essayera de la faire reconnaître d’utilité publique.

Elle abritera le Pôle parisien dont je parlais, auquel s’ajouteront les principaux établissements Uforca, et les meilleurs de l’étranger, comme l’ICBA (Institut clinique de Buenos Aires) ou le Séminaire franco-bulgare distingué par Judith Miller. Je vois bien cette Université abriter un Institut Lacan, dédié aux études lacaniennes. Je la vois aider les établissements d’enseignement du Champ freudien à se reconfigurer et à se perfectionner, sur la base du volontariat, et, je l’ai dit, dans le respect des autonomies de gestion. Réduire au minimum le nombre des établissements en gestion directe. L’Université populaire devra être dotée d’un département des publications, où réinscrire le Journal des Journées, LNA-Le Nouvel Âne, Ornicar ?, et ouvrir un site et un blog propres.

Je pose l’acte. Je n’ai pas plus de détails à communiquer. On les discutera ensuite, dans l’esprit des Journées, win-win. Cette Université populaire, je la construirai à ciel ouvert, sous la tyrannie de la transparence, avec ceux qui voudront y collaborer, en particulier dans le Journal, et sur Twitter.

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Présentation

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Albert Ayme, Seize et une variations : Lire

LA SECTION CLINIQUE DE NANTES

Du Séminaire de Jacques Lacan (1953-80, en cours de publication), on peut dire qu’il a assuré à lui seul la formation permanente de plusieurs générations de psychanalystes.

Cet enseignement qui restitua et renouvela le sens de l’œuvre de Freud, inspire de nombreux groupes psychanalytiques. À l’origine de la création du Département de psychanalyse, il continue d’orienter son travail. L’Institut du Champ freudien se consacre à son développement.

Le Département de psychanalyse existe depuis 1968. Il fut rénové en 1974 par Jacques Lacan qui resta son directeur scientifique jusqu’à sa mort en septembre 1981. Il fait aujourd’hui partie de l’Université de Paris VIII. Ce même enseignement inspire aujourd’hui de nombreuses Écoles psychanalytiques dans le monde parmi lesquelles l’École de la Cause freudienne et l’École Européenne de Psychanalyse. Il continue d’orienter le Champ freudien.

L’Institut du Champ freudien s’inscrit dans le cadre associatif. Il a pris la suite, en 1987, du Cercle de clinique psychanalytique (1976).

En 1995, après Barcelone, Madrid, Bruxelles et Rome, et après la création en France des sections de Bordeaux, Clermont-Ferrand, Angers, Lille et Rouen (Antenne), l’Antenne clinique de Nantes a ouvert ses portes.

Après six années d’enseignement et de recherches, en 2002, l’Antenne clinique de Nantes est devenue la Section clinique de Nantes. Elle ne se situe pas dans le cadre d’un groupe psychanalytique, même si les enseignants sont d’orientation lacanienne. Elle a pour but d’assurer un enseignement fondamental de psychanalyse, tant théorique que clinique, qui s’adresse aussi bien aux travailleurs de la « Santé mentale », psychiatres, médecins, psychologues, orthophonistes, etc., qu’aux psychanalystes eux-mêmes et aux universitaires intéressés par ce savoir particulier. Elle a également pour but de contribuer à la recherche clinique et théorique en psychanalyse.

Participer à la Section clinique n’habilite pas à la pratique de la psychanalyse. Une attestation d’études cliniques sera remise aux participants à la fin de chaque année s’ils ont rempli les conditions de présence et de participation active exigées.

L’association Mathema-Nantes pour la formation permanente, a été créée en 1996.

En 1999, elle a changé de nom et se nomme désormais UFORCA-NANTES.

UFORCA-NANTES assure la gestion de la Section Clinique de Nantes.

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Les enseignants

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A. Ayme, Seize et une…11

 

COMITÉ

 

Gilles CHATENAY, Jean-Louis GAULT, Bernard PORCHERET (Coordinateur)

 

ENSEIGNEMENTS

 

Solenne ALBERT, Gilles CHATENAY, Jean-Louis GAULT, Remi LESTIEN, Fouzia TAOUZARI, Françoise PILET, Bernard PORCHERET, Éric ZULIANI

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Principes

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Introduction par Jacques-Alain Miller

 

Nulle part au monde il n’y a de diplôme de psychanalyste. Et non pas par hasard, ou par inadvertance, mais pour des raisons qui tiennent à l’essence de ce qu’est la psychanalyse.

On ne voit pas ce que serait l’épreuve de capacité qui déciderait du psychanalyste, alors que l’exercice de la psychanalyse est d’ordre privé, réservé à la confidence que fait le patient à un analyste du plus intime de sa cogitation.

Admettons que l’analyse y réponde par une opération, qui est l’interprétation, et qui porte sur ce que l’on appelle l’inconscient. Cette opération ne pourrait-elle faire la matière de l’épreuve ? — d’autant que l’interprétation n’est pas l’apanage de la psychanalyse, que toute critique des textes, des documents, des inscriptions, l’emploie aussi bien. Mais l’inconscient freudien n’est constitué que dans la relation de paroles que j’ai dite, ne peut-être homologué en dehors d’elle, et l’interprétation psychanalytique n’est pas probante en elle-même, mais par les effets, imprévisibles, qu’elle suscite chez celui qui la reçoit, et dans le cadre de cette relation même. On n’en sort pas.

Il en résulte que c’est l’analysant qui, seul, devrait être reçu pour attester la capacité de l’analyste, si son témoignage n’était faussé par l’effet de transfert, qui s’installe aisément d’emblée. Cela fait déjà voir que le seul témoignage recevable, le seul à donner quelque assurance concernant le travail qui s’est fait, serait celui d’un analysant après transfert, mais qui voudrait encore servir la cause de la psychanalyse.

Ce que je désigne là comme le témoignage de l’analysant est le nucleus de l’enseignement de la psychanalyse, pour autant que celui-ci réponde à la question de savoir ce qui peut se transmettre au public d’une expérience essentiellement privée.

Ce témoignage, Jacques Lacan l’a établi, sous le nom de la passe (1967) ; à cet enseignement, il a donné son idéal, le mathème* (1974). De l’une à l’autre, il y a toute une gradation : le témoignage de la passe, encore tout grevé de la particularité du sujet, est confiné à un cercle restreint, interne au groupe analytique ; l’enseignement du mathème, qui doit être démonstratif, est pour tous — et c’est là que la psychanalyse rencontre l’Université.

L’expérience se poursuit en France depuis quatorze ans ; elle s’est fait déjà connaître en Belgique par le Champ freudien ; elle prendra dès janvier prochain la forme de la « Section clinique ».

Il me faut dire clairement que cet enseignement est, et ce qu’il n’est pas.

Il est universitaire ; il est systématique et gradué ; il est dispensé par des responsables qualifiés ; il est sanctionné par des diplômes.

Il n’est pas habilitant quant à l’exercice de la psychanalyse. L’impératif formulé par Freud qu’un analyste soit analysé, a été non seulement confirmé par Lacan, mais radicalisé par la thèse selon laquelle une analyse n’a pas d’autre fin que la production d’un analyste. La transgression de cette éthique se paie cher — et à tous les coups, du côté de celui qui la commet.

Que ce soit à Paris, à Bruxelles ou à Barcelone, que ses modalités soient étatiques ou privées, il est d’orientation lacanienne. Ceux qui le recoivent sont définis comme des participants : ce terme est préféré à celui d’étudiant, pour souligner le haut degré d’initiative qui leur est donné — le travail à fournir ne leur sera pas extorqué : il dépend d’eux ; il sera guidé, et évalué.

Il n’y a pas de paradoxe à poser que les exigences les plus strictes portent sur ceux qui s’essaient à une fonction enseignante dans le Champ freudien sans précédent dans son genre : puisque le savoir, s’il prend son autorité de sa cohérence, ne trouve sa vérité que dans l’inconscient, c’est à dire d’un savoir où il n’y a personne pour dire « je sais », ce qui se traduit par ceci, qu’on ne dispense un enseignement qu’à condition de le soutenir d’une élaboration inédite, si modeste soit-elle.

Il commence par la partie clinique de cet enseignement.

La clinique n’est pas une science, c’est-à-dire un savoir qui se démontre ; c’est un savoir empirique, inséparable de l’histoire des idées. En l’enseignant, nous ne faisons pas que suppléer aux défaillances d’une psychiatrie à qui le progrès de la chimie fait souvent négliger son trésor classique ; nous y introduisons aussi un élément de certitude (le mathème* de l’hystérie).

Les présentations de malades viendront demain étoffer cet enseignement. Conformément à ce qui fut jadis sous la direction de Lacan, nous procéderons pas à pas.

Jacques-Alain Miller

15 août 1988.

(*) Du grec mathema, ce qui s’apprend.

 

Qu’est-ce qu’une section clinique ?

Elle est faite de ses enseignants, de leur savoir, de leurs bonnes dispositions pédagogiques. Elle n’est rien sans ce que nous appelons, non des étudiants, mais des participants, pour indiquer le rôle actif qui leur est imparti. Elle a besoin de nombreux amis, dans le milieu psychanalytique, parmi les psychiatres et les psychologues, dans les hôpitaux et les institutions.

Est-ce là tout ? Des enseignants, des participants, des amis ? Non, une section clinique c’est aussi un concept. Ce concept fut élaboré, il y a quelque vingt ans, autour de la présentation de malades de Jacques Lacan. Il fut expérimenté au Département de psychanalyse de l’Université de Paris VIII. Depuis lors, il essaima en France, en Europe, en Amérique latine, en Israël.

Ce concept, quel est-il ? Il faut ici introduire une distinction.

Ce que la psychanalyse démontre, ce qu’elle transmet, ce qu’elle permet au sujet de saisir — concept, c’est prise, capture —, elle l’accomplit, non par l’enseignement, mais par la cure analytique elle-même, quand sa finalité thérapeutique ne l’empêche pas de s’avérer une expérience digne de ce nom. Or, une part seulement réduite du savoir acquis dans une cure est universalisable, enseignable, susceptible de passer au public. L’enseignement distribué dans les formes universitaires doit, quand il s’agit de psychanalyse, reconnaître ses limites, qui sont aussi bien celles que la psychanalyse elle-même admet au regard de la science.

De ces difficultés, de ces délimitations complexes, on peut facilement faire des impasses. J’en vois deux principales : refuser d’enseigner quoi que ce soit hors d’un cercle d’initiés à l’expérience analytique ; faire de la psychanalyse, au moins de son histoire et de sa bibliothèque, une matière d’érudition universitaire. Il y a pourtant une solution qui permet d’échapper à ces impasses : c’est la solution clinique. Les sections de l’Institut du Champ freudien n’ont pas un public d’initiés et l’engagement dans une analyse n’est pas une condition d’entrée ; l’enseignement porte sur l’expérience subjective, singulière et au présent, et se déroule, autant qu’il est possible, au contact du patient.

La clinique dont il s’agit est d’abord celle de Freud ; c’est aussi la clinique psychiatrique classique franco-allemande, où la psychanalyse a largement puisé ; c’est la formalisation qu’en a donnée Lacan, ou plutôt les formalisations multiples, propres à épouser, sans dogmatisme aucun, le relief du discours du patient, qui, dans tous les cas, est au centre de l’examen comme de l’investigation.

Jacques-Alain Miller

Extrait du texte d’ouverture de la  Section clinique de Tel-Aviv, 21 octobre 1996

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