Note sur la monographie botanique

divan de freud


Le rêve est centré différemment
[i]

Par Éric Zuliani

Freud examine le rêve de la monographie botanique dans une partie de L’interprétation du rêve qui s’intitule : « Matériau et sources du rêve ». De quel type d’éléments verbaux est fait un rêve et quelle est sa raison d’existence ? Freud dans les parties précédentes a déjà dégagé le fait que le rêve est un accomplissement de désir. Il a découvert aussi que le rêve recélait un « contenu latent » bien plus significatif que le « contenu manifeste ». Mais qu’entend-on, au juste, par « accomplissement de désir » ?

Faits de hasard et réponse du sujet
Freud dégage trois faits que ceux qui se penchent sur les rêves n’expliquent pas vraiment. Pourquoi, d’abord, le rêve est-il constitué avec les événements vécus de la journée écoulée ? Pourquoi, ensuite, le rêve se constitue-t-il avec des éléments accessoires, indifférents, auxquels, dans la journée, nous avons été inattentifs ? Pourquoi, enfin, des détails inessentiels, issus cette fois de l’enfance, sont-ils présents dans le rêve ? Freud partant de ces trois questions va tenter de résoudre la question de savoir pourquoi le rêve se constitue à partir du récent et de l’indifférent, insistant sur le fait que le rêve se constitue toujours avec les éléments de la veille. Notons, dans ces premières pages, l’originalité de la perspective freudienne sur le rêve. On peut, en effet, lire la manière dont la communauté scientifique examinait le rêve à son époque – sur le même principe qu’à notre époque finalement. Nous pouvons lire, par exemple page 206, qu’on a pu vouloir inscrire le phénomène du rêve dans la théorie de la périodicité (23 ou 28 jours) : le rêve apparaîtrait selon un rythme biologique. Évidemment, nous avons encore aujourd’hui la tentation d’inscrire un certain nombre de phénomènes humains dans une perspective biologique (par exemple, la vie amoureuse dans biologie des hormones). Mais plus largement, cette idée de cycle, de période, fait apercevoir que l’on peut inscrire des phénomènes humains, sans la référence à la biologie, dans des cycles : par exemple les fameux stades du deuil. Ce n’est pas le cas de Freud (…)  télécharger la suite


[i] Freud S., L’interprétation du rêve, Nouvelle traduction par Jean-Pierre Lefebvre, Paris, Seuil, janvier 2010, p. 346 et pp. 204 à 218 pour l’ensemble de cet article.

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